Les jeudis 7 et 14 Mai, le CDI a accueilli Mr Mora, ancien Résistant et Mr Izaguirre, ancien Déporté, venus
apporter avec simplicité et générosité leurs témoignages aux élèves du lycée.
Jeudi, nous avons écouté les histoires de Mrs Mora et Izaguirre durant 2 heures. Ces 2 grand-pères aux cheveux blancs ont chacun vécu la
guerre mais pas de la même façon.
Mr Mora, ancien résistant, n'avait que 14 ou 15 ans lors de la rédition de la France. A près avoir atteint la zone libre, il s'est engagé dans
la Résistance sous le nom de Georges Dupin(en référence à se Landes natales). Jusqu'à la Libération, il a multiplié les opérations de sabotage dans des conditions difficiles (maquis, peu de
nourriture, peur ..).
Mr Izaguirre, lui, a survécu à la vie des camps. Vendu par un passeur, ce pêcheur a été déporté jusqu'en Allemagne. Malgré des anecdotes
sordides et d'autres plus drôles, il affirme qu'il a eu beaucoup de chance dans ce qu'il appelle « la loterie de la déportation ». Affaibli et amaigri, c'est avec une joie incrédule
qu'il apprend le Débarquement et la Libération de la France.
Même si les questions n'ont pas été aussi nombreuses que prévu – ou espéré – ces témoignages nous ont permis de comprendre la guerre d'une
autre façon qu'en visionnant des films ou qu'en lisant des livres d'Histoire. Les photos d'époque, les documents d'antan et les vêtements des camps ont ouvert notre imagination tout en nous
permettant de mesurer la gravité de la chose. Leurs histoires ont été celles de milliers de personnes mais peu d'entre elles sont encore là pour témoigner. Je pense donc qu'il est important de
confronter les générations pour que les jeunes n'oublient pas les zones sombres de l'Histoire qui ont contribué à construire le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui.
Charly – 1èES3
Les témoignages des deux hommes sont très différents; ils nous montrent bien les réalités de la guerre.
L'un a été dans la Résistance; il est parti vivre avec son oncle et sa tante, ses parents ayant été interdits de
travail car ils étaient considérés comme communistes. N'ayant plus de travail, donc plus d'argent, ils ne pouvaient subvenir aux besoins de la famille et ils sont partis en zone libre chez leurs
familles. Là-bas, « Jeanot » a voulu s'engager dans l'armée française mais comme sa mère était malade, il n'a pas pu le faire et il a choisi de s'engager dans la
Résistance.
Le deuxième homme a été déporté et nous a raconté les conditions dans lesquelles il a vécu. Il a voulu fuir par
l'Espagne mais un passeur les a dénoncés, lui et un ami, et ils ont donc été arrêtés. Là ont commencé les années d'enfermement, de torture autant psychologique que physique et de transfert d'un
camp à l'autre. Il nous a raconté sa vie dans les camps, la nécessité de surveiller ses propres affaires ainsi que ses paroles à cause des « taupes » qui dénonçaient les autres pour
sauver leur peau.
Je trouve que cette expérience a été bénéfique pour nous rendre des conditions réelles de la guerre qui s'est déroulée il n'y a pas si longtemps.
S.D - 1èES3
Nous avons eu une intervention, jeudi 14 mai, de deux messieurs ayant vécu la seconde guerre mondiale. Ils nous ont
raconté leur histoire avec beaucoup de gentillesse et de générosité; celles-ci ressemblaient vraiment à des aventures de héros de roman. Il est difficile d'imaginer qu'ils aient vécu des choses
aussi dures que la Résistance et la Déportation à nos âges.
Je pense que leurs témoignages sont un complément de ce qu'on apprend en cours. De plus, cela est d'autant plus intéressant de vivre leurs histoires à travers leurs paroles. Ils nous ont permis,
je crois, de vraiment se rendre compte de la misère qu'ils ont vécue.
Enfin ces deux messieurs sont de notre région, leurs explications sont donc plus touchantes.
Merci à eux d'être venus nous parler de ce passé « commun ».
M.T - 1èES3
La rencontre avec ces deux témoins et acteurs de la guerre a été enrichissante, tout d'abord car cela donne un sens aux cours que l'on apprend
depuis la 3è. Le fait d'entendre les mêmes événements racontés, mélangés à des sentiments et des anecdotes personnelles dans la bouche d'un homme qui les a vécus est plus intéressant et on
comprend mieux comment la population a vécu ces événements. De plus, ils avaient apporté des souvenirs matériels comme le pantalon rayé des camps avec le matricule. Le fait de voir cet objet de
si près m'a choquée et m'a montré l'horreur des camps où les hommes ne sont même plus nommés, seulement classés par nombre et par « fautes » commises, ou étant censées avoir été
commises.
Enfin, ce qui m'a plu est de voir pour la première fois comment était vécue la guerre dans ma région natale.
Avant la guerre, ils avaient tous deux une vie ordinaire. Lorsque la guerre a été déclarée, chacun a servi différemment la Résistance. L’un
des deux, Mr Mora se trouvait entre la Dordogne et le Lot-et-Garonne en partenariat avec un maquis, afin de bombarder des rails où les allemands seraient censés passer , de détruire tout ce qui
pouvait appartenir à ces derniers, avec l’aide de l’Angleterre qui leur signalait où ils se situaient et leur envoyait des munitions, etc…Tandis que l’autre, prénommé André, voulait avec un ami
rejoindre les troupes alliées de la France en passant par l’Espagne. Ils avaient trouvé un passeur, seulement ils les avaient trahis en les dénonçant pour toucher de l’argent par les nazis. Ils
ont fini en prison à Hendaye où ils furent battus, ensuite ils sont allés dans une prison à Bordeaux où les conditions de vie et d’hygiène étaient horribles.(vermine, toilettes dans les
cellules). Ils finirent par se retrouver près de Compiègne dans un camp de triage afin de partir dans un camp de concentration en Allemagne. Arrivé là-bas, André devait connaître son matricule
par cœur, vivait avec une trentaine de prisonniers de pays différents. Chaque matin, il devait parcourir 5 km à pied pour bâtir un autre camp avec les prisonniers. Après 2 ans d’enfer, il fut
libéré avec d’autres lors de la Marche de la Mort.
Ces deux Résistants ont vécu la Résistance de façon différente, mais quelle que soit la manière dont ils l’ont vécue, ils ont conu des choses
plus horribles les unes que les autres.
D’avoir partagé avec eux un tel moment, cela m’a beaucoup touchée et impressionnée d’écouter de tels témoignages.
L.G- 1èES3
Mr Mora était adolescent quand son père et sa mère ont perdu leur travail, le père parce qu’il était franc-maçon, et la mère parce qu’elle était soi-disant communiste. N’ayant plus de revenu, ni
de maison, l’adolescent, son petit frère et ses parents ont dû quitter les Landes pour aller chez la sœur de sa mère en Dordogne. Là-bas, il entra dans la Résistance , n’ayant pas pu entrer dans
l’armée à cause de sa mère mourante.
Mr Izaguirre fut déporté dans un camp de concentration avec un ami en 1943, car ils se sont fait dénoncer par un homme avec lequel ils avaient rendez-vous dans sa grange. Ils étaient adolescents.
Le voyage s’est fait dans des wagons à bestiaux prévus pour 40 personnes alors que le nombre d’occupants allait jusqu’à 100. Le camp était occupé par une majorité de Polonais et de Russes, les
Français étaient peu nombreux. Les conditions de vie étaient épouvantables : levés tous les jours à 5h, 5km de marche pour aller travailler par tous les temps, à peine nourris, maltraités,
hygiène déplorable et punitions abusives. Le prisonnier est ensuite déporté dans un autre camp où il rencontre des Français. Il a été très heureux de pouvoir parler à quelqu’un le soir et de se
raconter leur histoire. Une solidarité entre les déportés leur permettait de se soutenir dans leur douleur. En 1945, Mr Izaguirre a dû entamer la Marche de la Mort avec les autres prisonniers
afin de rejoindre un endroit. Le premier qui s’arrêtait était fusillé et ils ne se nourrissaient que de végétaux trouvés sur la route. Arrivés à destination , ils furent libérés. Partis du
Pays Basque à 19, ils n’étaient plus que 7. Mr Izaguirre a perdu une vingtaine de kilos .
J’ai trouvé ce témoignage très intéressant car c’était « la mémoire vivante » : de vrais sentiments et impressions, des détails que l’on ne peut pas avoir dans les livres.
Jessica - 1èES3