La belle personne
« Jamais la cour n'a eu tant de belles personnes » a écrit Madame de Lafayette. C'est de là qu'est venu le titre donné par Christophe Honoré à son adaptation cinématographique de La Princesse de Clèves.
Rien n'y est sublime mais pourtant tout est d'une rigoureuse beauté: le cadre, les personnages, les couleurs, la bande son... Dans l'enceinte du lycée Molière dans le 16° arrondissement de Paris , les différents états et degrés amoureux sont filmés: amour passionnel, amour platonique, amour caché, amour refoulé...
Après le décès de sa mère, Junie, adolescente divinement belle, fait son entrée dans cet établissement à la beauté vétuste. Elle consent à l'amour du calme et discret Otto et repousse celui du professeur d'italien Nemours, incarné dans le film par le ténébreux Louis Garrel. Pourtant le désir qu'elle a pour lui ne cesse de s'accroître. Pour Junie, le bonheur n'est qu'illusion.
La Belle Personne n'est pas seulement une forme de réponse aux propos qu'a tenus M. Sarkozy lors de sa campagne électorale (« Je ne sais pas si cela vous est souvent arrivé de demander à la guichetière ce qu'elle pensait de La Princesse de Clèves... Imaginez un peu le spectacle! »), c'est aussi une démonstration de l'effet d'une passion ravageuse sur une âme d'adolescent quelle que soit l'époque.
Lucie Dulois, 2nde 3.
Une chose est sûre, le dernier film de Christophe Honoré, La Belle Personne (2008), ne laisse pas indifférent.
A la mort de sa mère, Junie décide de changer de vie ; elle intègre le lycée de son cousin Mathias. Cependant, sa beauté fascine, trouble, inquiète, et la jeune fille devient rapidement l’objet de toutes les convoitises…Au milieu de son nouveau groupe d’amis, Junie découvre les après-midi enfumés au café, où chacun ressasse en son for intérieur ses déboires amoureux.
Otto, l’ami ingénu, tombe fou amoureux d’elle, et Junie accepte de sortir avec lui. Mais la jeune fille regrettera vite son choix lorsqu’elle comprendra qu’elle est de plus en plus attirée par le charme de son professeur d’italien, Nemours…Commence alors une véritable guerre des sentiments, où tous les personnages vont se révéler liés les uns aux autres par des secrets inavouables…
Cette adaptation du roman de Madame de La Fayette, La Princesse de Clèves (1678) ne se déroule plus à la cour du roi Henri II, mais dans celle d’un lycée parisien des beaux quartiers.
Christophe Honoré aborde ici un thème universel et toujours d’actualité, que l’histoire se déroule au XVIème ou au XXIème siècle : la passion amoureuse. Cette jeune fille qui refuse de s’abandonner à l’amour nous prouve à quel point la nature humaine, et d’autant plus adolescente, est compliquée. La détresse de la jeunesse d’aujourd’hui est également évoquée.
La clé de ce film réside aussi dans la manière dont il a été écrit et réalisé : le spectateur se sent proche des personnages insouciants, qui ne réalisent pas que leur état ne durera qu’un temps.
Les images sont sobres, teintées de bleu et gris, comme une journée pluvieuse dans la capitale…
Ainsi s’achève la trilogie parisienne du réalisateur, entamée deux ans plus tôt avec Dans Paris (2006) et Les Chansons d’amour (2007). Notons également la présence dans ces deux derniers volets de l’acteur montant du cinéma français, Louis Garrel, qui nous offre une interprétation remarquable de Nemours. En espérant qu’ils collaborent à nouveau ensemble, souhaitons à ces belles personnes un avenir prometteur…
Julie IRIGARAY 2nde3