Nouvelle sur la thématique : "La Méditerranée au 12è siècle"
Constantinople (suite et fin)
Mais un jour, alors que tout s’était calmé et que les Vénitiens repartaient, un jeune homme les découvrit.
C’était un mercenaire qui cherchait s’il ne restait pas quelque chose d’intéressant. Il fouillait les entrepôts quand il entendit des chuchotements :
-Tu crois qu’ils sont partis ?
-Je ne sais pas, de toutes façons nous allons devoir sortir un jour…
-C’est horrible, qu’allons-nous faire ? Qu’allons-nous devenir ? Je n’ai plus aucune richesse.
-Il faut partir.
Oui…mais où ?
Les jeunes femmes s’interrogeaient sur ce qu’elles allaient faire. Tout à coup une voix les interpella. Levant la tête ( car elles étaient assises derrière une pile de caisses ) elles découvrirent un jeune homme au teint basané en tenue de combat légère. Perdues dans leurs réflexions, elles ne l’avaient pas entendu approcher.
Euh… Bonjour ! (Il parlait leur langue !)
-Que voulez-vous ? Nous n’avons plus rien pour vous ! Vous avez pillé notre ville, saccagé nos maisons, pillé mon palais ! Cela ne vous suffit donc pas !
La colère qui agitait Julia depuis le début du pillage éclata. Mais l’homme ne prit même pas la peine de répondre, les cris avaient attiré un autre homme et Julia et Maryam furent embarquées à bord d’une galère sans réaliser vraiment ce qui se passait.
Elles arrivèrent donc à Venise en compagnie d’un jeune mercenaire qui ne comprenait pas vraiment ce qu’on lui disait et parlait comme les gens de Cordoue et d’un jeune chevalier italien qui lui, se montrait cultivé et parlait leur langue. Les deux hommes avaient fière allure, chacun portant une épée damasquinée à la ceinture, ils imposaient et leur maîtrise de cette épée dissuada tous les autres de s’approcher des deux jeunes femmes.
Ce n’était peut-être pas les meilleures conditions pour découvrir Venise, mais les deux amies s’émerveillaient de tout ce qu’elles voyaient. De l’eau ! Partout ! Des palais d’une richesse incroyable, et leur étonnement fut grand quand on les fit descendre dans l’un d’entre eux.
-Mesdemoiselles, voici le palais qui m’appartient, leur dit le chevalier italien, qui s’appelait Marco di Plazanetti, considérez-vous comme mes hôtes.
-Comment voulez-vous que nous soyons vos hôtes alors que vous avez détruit tous ce qui nous était cher ?
-Je comprends votre haine à notre égard mais nous étions obligés d’agir ainsi. Et pensez à ce qui vous aurez attendu là-bas, une fois que nous étions partis…
-Qui peut être obligé de détruire d’une telle manière ? Chaque homme n’est-il pas maître du bras qui tient son épée ? Maryam aussi criait sa révolte envers ceux qui avaient détruit sa ville.
-Je refuse de me considérer comme l’hôte de ceux qui ont détruit ma ville, mon palais !
-Calmez-vous ! Nous savons qui vous êtes princesse et c’est pour cela que je vous invite dans la demeure de mon père, un riche marchand, qui sera heureux de vous fournir tout ce dont vous aurez besoin.
Les deux jeunes passèrent donc par des entrepôts, puis au premier étage, elles traversèrent des bureaux, puis elles arrivèrent dans la partie habitée du palais. Que de merveilles et de richesses ! Des tapis de Chine recouvraient le sol, des lustres de verre de Murano d’une splendeur éblouissante pendaient aux plafonds, des meubles magnifiques occupaient chacune des pièces et des tableaux de grands maîtres ornaient les murs. Elles furent donc conduites chacune dans leurs chambres qui communiquaient par un petit corridor. Les deux pièces étaient décorées magnifiquement et avec un goût exquis. Une fois seules, Julia et Maryam s’assirent sur le lit de cette dernière.
-Résignons-nous Julia, nous ne pourrons jamais retourner à Constantinople. Notre vie est ici maintenant. »