Nouvelle

Publié le par A-L. C 2nde 2

 
- 27 Février 1308 -
Ma chère petite piècette d’amour,

C’est à regret que je t’annonce que cette lettre est la dernière que je t’écrirai. Un « tombeau éternel » m’attend demain à l’aube…s’il-te-plaît ne fonds pas avant d’avoir fini la lecture. Laisse-moi te narrer les merveilleuses choses qui me sont arrivées avant ce jour.

Je me souviens comme si c’était le siècle dernier du jour de notre rencontre à Cordoue, chez le forgeron Hadj-Saïm. C’est un bon musulman…il prie cinq fois par jour à l’appel du muezzin du haut du minaret de la Mezquita. Il jeûne sans se plaindre au mois de Ramadan. Il est revenu du pèlerinage à la Mecque le mois dernier. Il va circoncir son fils la semaine prochaine. Pauvre Mohamed, il va comprendre sa douleur ! Mais quel plus bel acte que de souffrir pour Allah.
Nous avons tous les deux été frappés par ordre du Calife. Bien que tu ne sois qu’un dirham en argent je t’ai aimée dès le premier scintillement…Les mozarabes parlent d’une « guerre sainte » en ce moment. Nous sommes au printemps 1094, premier et dernier printemps que nous avons passé ensemble !

Te souviens-tu de notre voyage de noce à Tolède, avec ses fonderies splendides ? Les lames qui ont la chance d’y être forgées sont si fines et tranchantes, comble du luxe, chacune d’entre elles est damasquinée ! Toi tu es restée là-bas et je ne sais ce que tu es devenue, mais moi je n’ai pas eu cette chance et un étudiant perse en route pour Cordoue, m’a renvoyé dans ma cité natale. C’est à Tolède que nos chemins se sont séparés précocement.

L’étudiant est à la bibliothèque principale, une des 70 présentes à Cordoue. Je l’entends parler d’astronomie, de mathématiques, de sciences nouvelles. Il passe ses journées dans les livres de navigation et est passionné par l’astrolabe, machine magique, selon moi, qui permet de ne jamais se perdre en mer !…En allant à la Mezquita, par curiosité d’aller voir les Arabes se prosterner tous ensemble, il m’a laissé tomber dans le Guadalqivir du haut d’un pont alors qu’il était distrait par la noria sur le fleuve ! Chance (ou malchance) j’atterris dans la barque d’un commerçant transportant de la viande de chameau ! Je te laisse imaginer l’odeur ! Je me retrouve désormais au souk de la Médina… C’est plutôt… étonnant. Je m’évade alors de la bourse du commerçant qui pue avec l’intention d’être une pièce affranchie, mais coup du sort, un chrétien catholique qui faisait du tourisme, me ramasse. A présent il paraît que je suis un don pour Urbain II qui, en 1095, lance la première croisade pour libérer le chemin de pèlerinage de Jérusalem. Me voilà donc embarqué pour la guerre sainte, en compagnie de quatre seigneurs qui voulaient, d’après ce que j’ai compris, avoir une sorte de passeport direct pour le Paradis…en tout cas, quels que soient leurs mobiles, ils sont fort sympathiques…
Le premier est un normand installé en Sicile. Il s’appelle Bohémond de Tarente mais entre nous on le surnomme «Goliath», et oui que veux-tu, on ne renie pas ses origines ! J’avoue qu’il m’effraie un peu du haut son mètre quatre-vingts !
Le deuxième est légèrement farouche, il se nomme Raymond. Il est comte de Toulouse. Il n’arrête pas de nous raconter à quel point sa ville est riche grâce à ses plantes tinctoriales.
Le troisième des chevaliers, c’est «le Juif» ou Baudouin de Flandres. Son avarice est telle qu’il dort avec sa bourse, autrement dit avec moi... mais ne t’inquiéte pas je ne t’ai jamais trompée ! En fait il est riche car en Flandres on vend beaucoup de draps et il organise des foires internationales.
Le dernier c’est le frère du «Juif», Godefroy de Bouillon. Le pauvre, tout le monde connaît sa naïveté et le manipule. Un jour, les trois complices lui ont fait croire que la Terre est ronde ! On a bien rigolé sur ce coup là…

Le problème majeur est que notre petite équipe a vite oublié Jérusalem. En chemin Raymond s’est installé à Tripoli, Goliath à Antioche et Baudouin à Edesse. Du coup des piétons ont commencé à se révolter et, guidés par Pierre Lermite, ils sont partis, mais pas bien loin ! Urbain II s’y est mêlé et a envoyé un nonce pour les rappeler à l’ordre ! C’est ainsi que le 15 Juillet 1099 nous prenons Jérusalem. La bataille est terrible et nous pouvons presque nager dans le sang.
Le calme rétabli, je prends le temps de voyager de bourse en bourse…Je visite le mur des lamentations, le Saint Sépulcre et d’autres monuments un peu délabrés par la bataille. Pendant ce temps, pour éviter que quelqu’un n’ait les chevilles qui enflent à l’idée d’être roi de la ville sainte, c’est Godefroy qu’on installe sur le trône. Lui au moins il ne se prendra pas la tête !

Quelques années plus tard après ma longue période de liberté un peu lassante, en 1187, Saladin reprend Jérusalem et j’en profite pour m’évader en bateau hors de la cité…Direction : Byzance !  (à suivre...)
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Publié dans Ecrivains en herbe

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U
N'y aurait il pas eut une erreur?c'est le un sujet d'invention distribué aux 2nd3, or l'article et signé par A-L. C 2nd2....
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L
Non, ce n'est pas une erreur car cette nouvelle â été écrite l'année scolaire précédente.....(voir la date de l'autre commentaire)
E
Belle histoire la mienne était bien aussi merci à notre prof d'histoire à lundi bisous
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