Nouvelle
Ma chère petite piècette d'amour (suite et fin)
Quel émerveillement ! En plus j’arrive juste pendant la dynastie isaurienne. Quel plus grand bonheur que d’être commandé par un basileus féminin ! J’arrive donc par bateau le 17 septembre 1187. Débarquement à la Corne d’or. Je peux voir l’Eglise Sainte Sophie édifiée au VIème siécle par l’empereur Justinien. Son dôme immense remplit mon cœur d’admiration ! La décoration interne est un peu surchargée à mon goût. C’est pendant ce court séjour que je suis fondu en nomisma (ou solidus)…Ne t’inquiéte pas, l’habit ne fait pas le moine !
En 1189 la ville est menacée par Gênes et Pise. Venise vient à leur secours et a le droit de récupérer les comptoirs marchands qu’elle a perdus en 1171.
Mais en 1204, la cité des Doges pousse les croisés à piller Constantinople pour lui payer leurs dettes. Il me semble qu’ils devaient à Venise des espèces de frais de tranport…). Bref, c’est le sac de Byzance. Ils ont tout brûlé ; l’hippodrome, le palais impérial…tout !
Je me reévade et cette fois-ci, je mets le cap sur Venise. C’est en mer que je rencontre quatre chevaux de bronze qui ont été volés pour être installés à l’entrée de la Basilique St Marc. Ils sont très bavards, je ne te raconte pas tous les petits potins qu’ils m’ont racontés sur la dernière impératrice…on y passerait la nuit !
Je débarque près de l’Arsenal et remonte alors le grand Canal en gondole, tout en admirant les palais des riches marchands vénitiens qui se réunissent dans la salle du Conseil au palais des Doges. Tout en remontant le Canal, un foutu pigeon me fait dessus…c’est malin, maintenant j’ai l’air d’un solidus SansDomicileFixe ! Bon…passons ce détail sans importance. Je vois le pont du Rialto, le centre des affaires. C’est ma prochaine destination.
C’est au Rialto que je tombe dans les mains d’un chevalier Teutonique en voyage…soit dit en passant, il m’a volé sur l’étal d’un marchand de soie de Chine ! Il m’a fondu pour offrir une bague à sa maîtresse de Flandres. Comme quoi, tu vois ma chérie, on a beau être « protecteur du Saint Empire Romain Germanique », on n'est pas parfait ! Finalement il s’est rendu compte que sa maîtresse le trompait et du coup je me suis retrouvé, je ne sais comment, en compagnie d’un moine de l’ordre des Hospitaliers qui m’a refondu en pièce de monnaie ! Je crois que j’ai été un caméléon dans une autre vie…je me fonds dans toutes les circonstances (c’est le cas de le dire) !
C’est ainsi que je pars en Syrie dans leur Krak…surtout n’y va jamais, ça ne vaut pas le détour ! Un jour j’ai surpris une discussion où deux moines parlaient d’un guet-apens contre les Templiers…mais « chut », les murs (bien que faisant 9m d’épaisseur) ont des oreilles !
Un moine part en excursion et je l’accompagne, il s’appelle Bébert. On a rencontré des chevaliers Templiers alors qu’ils protégeaient le chemin de Compostelle. J’ai encore réussi à me faire la belle, mais ça a été dur !
Les pélerins offrent des terres et des biens aux Templiers en remerciement. Ils deviennent très riches et créent ainsi des jalousies… En 1307 ils sont suspectés de sorcellerie et décident alors de cacher tout leur trésor dans un coffre secret au milieu d’un désert dont je ne te divulguerai pas le nom, sinon c’est de la triche !
Demain, c’est le jour. Demain nous serons le 28 Février 1308. Demain je serai certain de ne jamais revoir tes yeux perçants et la lumière du jour.
Je t’aime pour toujours,
A bientôt je l’espère au Paradis des pièces !
Ton petit Dinar